denn alles Menschliche ist nichtig und vorübergehend (Aurel)

Bedenke,
wie viele Ärzte sind gestorben,
nachdem sie an wie vielen Krankenbetten bedenklich den Kopf geschüttelt;
wie viele Astrologen,
die erst andern mit großer Wichtigkeit den Tod verkündigten;
wie viele Philosophen,
nachdem sie über Tod und Unsterblichkeit ihre tausenderlei Gedanken ausgekramt;
wie viele Kriegshelden
mit dem Blute anderer bespritzt;
wie viele Fürsten,
die ihres Rechtes über Leben und Tod mit großem Übermute brauchten,
als wären sie selbst nicht auch sterbliche Menschen;
wie viele Städte — ­Helion, Pompeji, Herkulanum und unzählige andere — ­sind,
dass ich so sage, gestorben!

Dann die du selbst gekannt hast,
einer nach dem andern!
Der jenen begrub,
wurde dann selbst begraben,
und das binnen kurzem.

Denn alles Menschliche ist nichtig und vorübergehend,
das Gestern eine Seifenblase,
das Morgen — ­erst eine einbalsamierte Leiche,
dann ein Haufen Asche.

Darum nutze das Heute so wie du sollst,
dann scheidet sich´s leicht:
wie die Olive, wenn sie reif geworden abfällt — ­preisend den Zweig,
an dem sie hing, dankend dem Baum, der sie hervorgebracht!

Autor: Marc Aurel
Werk: Selbstbetrachtungen
Textauszug: 4. Buch, Spruch 48

my two hearts

my two hearts are
an incredibly smart
and sensible organ

beaming and leaping
like a double rainbow
in curved windy air

grooving funky jazzy
blue and moody and
sometimes collapsing

but always recreating
within my warm chest
and strong pounding body

sounding heavily together
like solar moon bells until
the end of my living times

© finbarsgift

Mütterliche Schneeimpressionen

Am Samstag war ich wieder einmal bei ihr und
wir sind zusammen durch diesen Schneeort oben
inmitten des weissbezaubernden Hochallgäus gestapft

Wir haben sehr gut bayrisch zu Mittag dort gegessen
und sie hat sich gefreut wie eine Schneekönigin mich
schon nach relativ kurzer Zeit so munter wiederzusehen

Sie sprach sehr viel von ihrer mütterlichen Liebe
während ich ihr meine geheimen Erlebnisse mit
einer ganz anderen Art der Liebe schilderte

Wir redeten natürlich auch über Weihnachten
und dass sie da zusammen mit der Großfamilie
meines einen Bruders auch zur Christmesse war

Insgesamt gesehen war es ein wunderschöner Tag
zusammen mit meiner Mutter denn nicht ein einziges
Mal wurde das gnadenlose Wort Krebs von uns erwähnt

© finbarsgift

En Mer (Camus)

Longueur de ce voyage de retour.
Les soirs sur la mer et ce passage du soleil couchant à la lune sont les seuls moments où je me sente le coeur un peu détendu.
J’aurai toujours aimé la mer. Elle aura toujours tout apaisé en moi.

Terrible médiocrité de ce milieu.
Jusqu’à  présent je n’ai pas souffert une seule fois de la médiocrité qui pouvait m’entourer.
Jusqu’à  present.
Mais ici, cette intimité va trop loin. Et dans tous, en même temps, ce quelque chose qui pourrait aller loin, si seulement…

Deux êtres jeunes et beaux ont commencé une idylle sur ce bateau et aussitôt une sorte de cercle méchant s’est refermé autour d’eux.
Ces commencements de l’amour!
Je les aime et les approuve du fond du coeur – avec même une manière de gratitude pour ceux qui préservent sur ce pont, au centre de l’Atlantique éclatant de soleil, à mi-chemin de continents en folie, ces vérités que sont la jeunesse et l’amour.
Mais pourquoi ne pas donner son nom aussi à cette envie que je me sens au coeur et à ce désir tumultueux qui me prend de retrouver le coeur impatient que j’avais à 20 ans.
Mais je connais le remède, je regarderai longtemps la mer.

Tristesse de me sentir encore si vulnérable.
Dans 25 ans j’en aurai 57. 25 ans donc pour faire mon oeuvre et trouver ce que je cherche.
Ensuite, la vieillesse et la mort.
Je sais quel est le plus important pour moi. Et je trouve encore le moyen de céder aux petites tentations, de perdre du temps en conversations vaines ou en flâneries stériles. J’ai maȋtrisé deux ou trois choses en moi. Mais que je suis loin de cette supériorité dont j’aurais tant besoin.

Merveilleuse nuit sur l’Atlantique.
Cette heure qui va du soleil disparu à la lune à peine naissante, de l’ouest encore lumineux à l’est déjà sombre. Oui, j’ai beaucoup aimé la mer – cette immensité calme – ces sillages recouverts – ces routes liquides. Pour la première fois un horizon a la mesure d’une respiration d’homme, un espace aussi grand que son audace.
J’ai toujours été déchiré entre mon appétit des êtres, la vanité de l’agitation et le désir de me rendre égal à ces mers d’oubli, à ces silences démesurés qui sont comme l’enchantement de la mort.
J’ai le gout des vanités du monde, de mes semblables, des visages, mais à coté du siècle, j’ai une règle à moi qui est la mer et tout ce qui dans ce monde lui ressemble.
O douceur des nuits où toutes les étoiles oscillant et glissent au-dessus des mâts, et ce silence enfin qui me délivre de tout.

© Albert Camus